Suppression des obstacles aux soins de santé

Les normes réglementaires ont longtemps été élaborées pour répondre aux besoins précis des milieux hospitaliers, où les exigences cliniques et chirurgicales sont plus vastes que celles des cliniques chirurgicales communautaires.

Ces normes créent désormais des obstacles inutiles à l’accès aux soins de santé. Des patients attendent alors plus longtemps que nécessaire pour recevoir leurs soins, et certains perdent même leur place initiale dans la liste d’attente. Chaque barrière inutile accentue la pression sur un système déjà surchargé par de longues listes d’attente de chirurgies

Règles désuètes en matière d’anesthésie

L’Alberta demeure la seule province où la présence de professionnels en anesthésie est requise pour la réalisation de chirurgies de la cataracte de routine, et ce, malgré l’utilisation d’anesthésiques topiques et d’anxiolytiques oraux légers (sédation) dans les établissements chirurgicaux non hospitaliers. L’élimination de la nécessité d’avoir des professionnels en anesthésie dans ces cas de routine permettrait de réaffecter ces ressources spécialisées vers les hôpitaux, ce qui pourrait faire économiser à la province environ six millions de dollars par année et accroître la disponibilité des anesthésiologistes pour des chirurgies de complexité accrue pour lesquelles les temps d’attente sont actuellement trop longs.

ACCESS continue de plaider en faveur d’une sensibilisation accrue du gouvernement et du public afin de promouvoir une utilisation judicieuse des anesthésiologistes, de manière à remplacer ces derniers en milieu communautaire par d’autres professionnels qualifiés et ainsi favoriser une harmonisation avec les normes nationales en matière de soins.

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Exigences cliniques dépassant le mandat de l’agrément

Les exigences cliniques qui découlent des normes prescriptives des programmes provinciaux d’agrément empêchent les établissements chirurgicaux extra-hospitaliers de suivre les pratiques standardisées en matière de prestation de soins. Puisque la pratique clinique de la médecine est déjà réglementée par les collèges provinciaux de médecins et de chirurgiens, elle ne devrait pas faire partie du mandat lié aux programmes d’agrément. Le programme d’agrément médical et chirurgical indépendant d’Agrément Canada est un chef de file dans l’élaboration de normes visant à soutenir la prestation de soins inclusifs aux patients.

Exemples:

  • Exiger la pratique d’un examen du fond de l’œil sous dilatation pour une correction de la vue au laser.
  • Imposer des délais d’une semaine lors d’un échange de lentille réfractive.
  • Obliger à mettre en place des limites d’IMC injustifiées pour l’admissibilité des patients aux interventions réfractives ou aux chirurgies de la cataracte en Colombie-Britannique.
  • Appliquer des exigences de dimensions à des salles non chirurgicales, alors que cela n’a aucune conséquence sur la sécurité. L’agrément doit contribuer à assurer la sécurité des environnements chirurgicaux sans toutefois interférer avec le jugement clinique des professionnels ni créer des obstacles à l’accès aux soins.
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Réglementation sur la stérilisation à cycle court

Les organismes de réglementation ont empêché l’utilisation de cette méthode de stérilisation sécuritaire et efficace qui convient bien aux chirurgies oculaires à faible risque. Cela a des conséquences sur le coût des services à cause des longs cycles de stérilisation, de la grande consommation énergétique des appareils et des systèmes de refroidissement CVCA, du besoin d’un stock important d’instruments ainsi que du personnel requis pour la coordination du processus. Les membres d’ACCESS militent activement auprès des organismes de régulation afin d’éliminer ces obstacles aux pratiques de stérilisation sécuritaires et efficaces au Canada.

Chirurgiens qualifiés et obstacles injustes

Partout au pays, des dizaines de chirurgiens oculaires formés sont incapables d’exercer pleinement leur profession, car certains hôpitaux restreignent leurs privilèges en fonction de dynamiques internes. Cela entraîne une sous-utilisation des compétences de ces chirurgiens, obligeant certains d’entre eux à travailler dans des environnements non chirurgicaux ou les poussant à s’établir à l’étranger (généralement aux États-Unis) ou dans des milieux privés où les patients doivent payer leurs soins de leur poche.

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Conflit d’intérêts dans l’attribution de privilèges chirurgicaux en milieu hospitalier

Un conflit d’intérêts survient lorsque des personnes en position d’autorité ont un intérêt personnel ou professionnel donné pouvant compromettre, ou donner l’impression de compromettre, leur objectivité dans la prise d’une décision.

Dans certains hôpitaux, le processus d’octroi de privilèges chirurgicaux aux nouveaux diplômés est influencé par des ophtalmologistes déjà en poste, qui peuvent aussi être en concurrence pour le même temps opératoire.

Bien que l’évaluation par les pairs constitue un élément important de la supervision professionnelle, permettre à des personnes ayant un intérêt direct à contrôler l’accès aux salles d’opération publiques peut involontairement entraîner certaines conséquences, dont les suivantes :

  • Des obstacles à l’accès pour les nouveaux chirurgiens
  • Des délais dans la prestation des soins au public
  • Un manque de transparence dans l’accès aux ressources financées par l’État
  • Ce problème structurel peut décourager les ophtalmologistes en début de carrière de pratiquer au Canada et entraîner une sous-utilisation de la capacité chirurgicale dans un système déjà mis à l’épreuve par de longs délais d’attente

Dans certains cas, de telles dynamiques ont mené à des contestations juridiques et une préoccupation croissante du public quant à l’équité dans l’octroi des privilèges hospitaliers et l’accès équitable aux infrastructures chirurgicales financées par les fonds publics.

Élimination de l’évaluation de l’IMC

Afin d’aider à éliminer les obstacles à l’accessibilité pour les patients souhaitant subir une intervention réfractive ou une chirurgie de la cataracte en Colombie-Britannique, les membres d’ACCESS ont formulé des commentaires concernant l’utilisation inadéquate de l’IMC comme outil de dépistage. En effet, les cliniciens étaient tenus d’utiliser l’IMC pour déterminer l’admissibilité des patients à des chirurgies strictement oculaires, qui ne nécessitent qu’une anesthésie topique et de légers anxiolytiques.

Doctor reviewing results with a patient

Plaidoyer d’ACCESS

Nous croyons que l’accès des chirurgiens oculaires aux salles d’opération pour soigner leurs patients doit dépendre de leur compétence et de leur participation aux soins cliniques au sein de la communauté et non de considérations politiques.

ACCESS plaide pour un processus de privilèges transparent et équitable permettant aux chirurgiens d’opérer dans les établissements chirurgicaux et de faire ce pour quoi ils ont été formés : améliorer la vue et la vie des patients.

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Exigences relatives aux compétences du personnel

Il est essentiel pour la sécurité des patients et l’efficacité du système de santé que le personnel des établissements de soins médicaux possède les compétences adéquates. La pénurie d’infirmières est un problème de longue date en Colombie-Britannique et touche particulièrement les spécialisations en soins infirmiers, comme les soins postanesthésie et critiques.

À l’heure actuelle, le CPSBC exige l’affectation d’infirmières détenant de telles spécialisations à des milieux chirurgicaux communautaires, qui utilisent seulement des anesthésiques topiques et des anxiolytiques oraux légers. Par conséquent, les hôpitaux ne peuvent pas profiter de ces précieuses ressources spécialisées, alors qu’elles sont pourtant nécessaires à la réalisation d’interventions impliquant une anesthésie générale. ACCESS travaille à sensibiliser le CPSBC aux normes nationales de soins liées à l’anesthésie topique et aux anxiolytiques oraux légers afin que les exigences relatives au personnel reflètent les normes nationales de soins.

Patient holding pills in hands

Préparation excessive aux situations d’urgence

La préparation aux urgences dans les milieux de soins de santé est essentielle à la sécurité des patients et du personnel. Cependant, lorsque les normes d’agrément exigent des médicaments pour les chariots d’urgence qui dépassent le champ d’exercice médical des CSF, cela peut non seulement contribuer à créer des pénuries de médicaments, mais aussi monopoliser les médicaments disponibles lors d’urgences pendant de telles pénuries.

ACCESS s’efforce de sensibiliser les organismes provinciaux de réglementation aux normes nationales de soins en matière de préparation aux urgences afin d’assurer l’attribution adéquate des médicaments aux secteurs de soins qui en ont le plus besoin et d’éliminer les obstacles contribuant aux pénuries de médicaments.